21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 18:05

Article paru dans la revue ultrafondus n°68 (avril 2010)

 

 

 

ESSAI TRANSFORMÉ

 

Les 6 heures de la Gorgue se sont courues pour la 18ème fois le 14 mars dernier, dans la commune éponyme située dans le Nord. Accueil cordial et ambiance festive ont fait de ce rassemblement de fin d'hiver un incontournable pour de nombreux coureurs. Philippe Bourré en était.

 

LA GORGUE, paisible bourgade d'à peine cinq mille habitants située à environ trente kilomètres à l'ouest de Lille, propose un rendez-vous annuel aux parias du bitume pour sa légendaire épreuve de 6 heures non-stop. Ce qui fait son charme et m'incite à revenir pour la troisième fois consécutive, c'est avant tout sa simplicité, sa bonne humeur, ses bénévoles attentifs présents et discrets à la fois. Cette épreuve regroupe des marcheurs, des coureurs en solitaire et quelques équipes masculines et féminines sur un circuit de 1 491,36 mètres.

 

Plein de vide. Une course horaire c'est vide, c'est fade, c'est neutre :c'est un corps inerte sans vie. Et c'est là que notre bande de joyeux drilles, tant coureurs que marcheurs, entre en piste pour venir gonfler l'espace de quelques heures ce carcan plein de vide, et lui insuffler de la vie. Une vie qui ressemblera, au fil des tours et des souffrances, à notre fort intérieur. Prenons possession de ce corps, animons-le, donnons-lui les traits de caractère sculptés au ciseau à bois dans cette masse d'ébène qui nous définit.

 

Le parcours que l'on nous propose est plat malgré un léger faux plat montant sur 300 m. la boucle fait un peu moins de deux bornes, avec un premier tour différent des suivants, histoire d'étendre le peloton. Le tout se court dans un paisible lotissement pavillonnaire, et combine route et trottoirs, ainsi qu'un morceau de la poste d'athlétisme jouxtant la salle de sport. Son revêtement est moelleux sous les pieds. Coup de chance (pas comme tous les ans): quasiment pas de vent ni de pluie cette année. Par contre l'ambiance est fidèle au rendez-vous ! Le centre névralgique de l'épreuve est une salle de sport que nous traversons en diagonale à chaque tour, ce que je trouve génial. En son milieu les tables de pointage se font face en deux travées parallèles. A droite les coureurs solos et à gauche marcheurs et équipes. Contre le mur du fond, juste à côté de la porte de sortie, nous avons installé nos ravitos persos. La camaraderie règne à cet endroit, dans ce « petit chez nous » où fusent les plaisanteries en tous genres, mai ou malgré tout domine l'efficacité.

 

Depuis le Raid 28, j'ai secrètement préparé cette épreuve. Je suis passé à cinq entraînements par semaine en combinant piscine, vélo elliptique, fractionné et sorties longues. Cet entraînement, plus une ceinture de chasteté sur le chocolat et un retour de l'hygiène alimentaire – sauf le week-end en ce qui concerne l'apéro – m'ont permis de perdre six kilos de « beurre » et d'augmenter ma vitesse de croisière de 9 à 11 km/h. C'est énorme, je prends à nouveau contrôle de mon corps pour ma plus grande satisfaction.

 

 

 

 

Fastoche ! Dès le départ je me colle à 11,5 de moyenne, c'est grisant de facilité. Il ne faut pas s'emballe : le dicton « souffrir aux entraînements » pour « sourire » le jour de l'épreuve me revient en tête à plusieurs reprises. Tout change, tout est bousculé par rapport aux années précédentes. Ma vitesse nettement supérieure me fait rentrer dans une autre dimension. Ma bulle est plus imperméable, je joue au funambule sur le fil d'un sabre. Je pulvérise mon record de neuf minutes sur marathon.

Durant tout ce temps, je tâche de rester vigilant et attentif à mon plan de bataille, mais ce n'est pas évident. D'autant plus que pour peaufiner le « délire La Gorgue », je me suis muni d'un ballon de rugby que nous nous passons d'heure en heure entre potes, au gré des tours. Pas facile de courir des dizaines de bornes en jouant à la passe à dix...

 

A la cinquième heure, la sensation d'être à la limite de l'explosion s'installe. L'alimentation et l'hydratation qui avaient fait leurs preuves jusqu'alors ne me conviennent plus. J'en profite pour regarder les autres : Alexandre Forestieri, arrivé bien après le départ mais qui m'atomisera quand même malgré quelques tours en famille : Marc Etiemble, qui court en tête, et m'encourage à chaque fois qu'il me double... Elle a de la gueule notre course mine de rien, pari tenu ! Nous lui avons donné vie.

 

Bon malgré le gros coup de moins bien, je suis là pour faire une perf, je suis là pour faire mieux, je suis là pour me défier, je suis là car je l'ai voulu. Alors je continue... Plusieurs potes m'accompagnent pour faire un ou plusieurs tours, donnant lieu à de plaisants et enrichissants moments d'échanges et de partage. Une ribambelle de « Kikoureurs », une escouade « d'UFOs » ainsi que des coureurs ne répondant d'aucune « communauté » trépignent dans cette gigantesque fourmilière merveilleusement structurée.

 

Essai ! Je m'octroie un drop dans la salle avec mon ballon de rugby et je pousse un cri de Tarzan à la Johnny Weissmuller : fin de la partie ! Mon GPS affiche 58,3 km à cinq minutes de la fin, « yesss » c'est quatre kilomètres de plus que la précédente édition. Comme quoi l'entraînement et la modération sur le saucisson, ça paie. Avec quelques potes nous avions convaincu nos concubines de monter une équipe féminine. Pour la majeure partie d'entre elles, c'était un véritable défi, et elles ne se sont entraînées que très récemment. Mais au final, leur résultat, plus de 67 bornes, dépasse toutes leurs espérances. Une belle surprise qui sera à coup sûr de bon augure pour les mois à venir.

 

 

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En conclusion : un week-end comme je les apprécie, un grand nombre d'amis(es) s'est donné rendez-vous pour la folie, l'amitié, la simplicité, la générosité, la fête. Vivement 2011.

 

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commentaires

pat100kilo 19/11/2010



salut mon chti.un peu plus de 58km.respect.si,si.donc,un record à battre à nouveau.à bientôt



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